Le baromètre politique Odoxa pour la presse régionale dresse un tableau très sombre pour l’exécutif et révèle une profonde anxiété des Français, favorisant une domination sans précédent du Rassemblement national.

Un exécutif en crise aiguë de popularité : c’est la principale conclusion du baromètre politique Odoxa pour Public Sénat et la presse régionale (*). Selon ce sondage réalisé du 24 au 25 septembre, Emmanuel Macron enregistre une chute historique de sa popularité, s’effondrant à 22 % d’opinions favorables (en baisse de six points par rapport à juin dernier). Il atteint son plus bas niveau en huit ans. Le président de la République est rejeté par l’ensemble des électorats, y compris une partie de ses alliés (71 % de jugements négatifs chez LR).
Son nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, bien que plus populaire que le Président avec 32 % d’avis positifs, réalise l’un des démarrages les plus fragiles pour un chef de gouvernement. « Sa popularité de départ est à peine moins mauvaise que celle de son prédécesseur François Bayrou (30 %) et se situe sept points en dessous du niveau de départ de Michel Barnier », souligne Gaël Sliman, président d’Odoxa.
Popularité : Bardella et Le Pen font le trou
Ce discrédit de l’exécutif profite directement au RN. Jordan Bardella (37 %) et Marine Le Pen (36 %) font le trou dans le classement des personnalités politiques. Ils devancent nettement Édouard Philippe (32 %), qui a longtemps dominé ce palmarès. La quasi-totalité de la classe politique est en recul, illustrant une défiance généralisée.
Cette situation politique s’explique par une inquiétude record des Français. 83 % se disent pessimistes pour l’avenir du pays. Une écrasante majorité anticipe une hausse des impôts (82 %), une faible croissance (80 %) et ne croit absolument pas à une amélioration de son pouvoir d’achat (90 %) ou à une baisse du chômage (87 %).
Cette angoisse culmine sur l’avenir de la Sécurité sociale. Alors que 91 % des Français y sont attachés, 84 % craignent que son déficit ne menace sa survie et 90 % pensent que les soins seront moins bien remboursés à l’avenir.
* Enquête réalisée auprès d’un échantillon de 1 005 Français, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, interrogés par Internet les 24 et 25 septembre 2025